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Itinérance en Morvan, les noires montagnes

Itinérance en Morvan, les noires montagnes

Ma rencontre avec le Morvan remonte à bien longtemps maintenant. Je faisais alors mon service militaire et un très bon copain à cette époque me proposa une longue randonnée en itinérance sur ces terres que je ne connaissais absolument pas. C’était au mois d’août 1990. Je ne pouvais imaginer alors que le Morvan prendrait une si grande place dans ma vie, car j’y suis retourné de nombreuses fois par la suite, presque chaque année. J’y retourne cette année pour m’y ressourcer une fois de plus, mais également pour témoigner de la beauté de ce petit coin de France.

J’ai prévu pour cela un itinéraire en douze étapes, au départ d’Avallon en direction du Sud. Un peu avant Larochemillay, je repartirai vers le nord pour rejoindre mon point de départ. Une boucle empruntant en grande partie le GR Pays Tour du Morvan.

Le Morvan, c’est la plus petite zone de montagne de France tant en surface qu’en altitude (de 400 à 901 m avec une moyenne vers 600 m). C’est un reste du massif hercynien, comme le massif central ou le massif armoricain, constitué de granite et de roches volcaniques anciennes. Sur le plan écologique, la majeure partie de sa surface se trouve à l’étage collinéen, mais ses sommets sont à l’étage montagnard. Sur le plan climatique, il est à la charnière entre climat océanique et climat continental avec en plus une influence montagnarde.

Jadis partagé entre la Bourgogne et le Nivernais, le Morvan est aujourd’hui divisé entre les départements de la Côte-d ‘Or, de la Nièvre, la Saône-et-Loire et de l’Yonne.

Courant du nord au sud, il présente, en partant de la tour de l’horloge d’Avallon à la chaîne de l’Appenelle qui domine la ville de Luzy un massif granitique et montagneux de quatre-vingt huit kilomètres sur une largeur qui varie de trente-deux à quarante-huit kilomètres.

Le Morvan est un pays montagneux et couvert de forêts. Plus élevées à l’est et au sud, les montagnes s’abaissent successivement en collines secondaires vers l’ouest et le nord.

Lundi 9 juillet 2018

Enfin dans l’itinérance, je suis à Avallon. Arrivé à la gare en milieu d’après-midi, je suis allé directement au camping municipal. Après le montage de la tente, une douche et une lessive, me voici dans le vieux quartier d’Avallon en terrasse du bar des Maréchaux à savourer une bière pression. J’ai le goût de l’effort !

Il va falloir mettre de l’ordre dans mes idées et l’exercice n’est pas simple.

Il fait chaud. La serveuse est jolie et m’envoie de petits regards charmeurs. J’ai même eu droit à une sourire. Attablé à ma droite, un sexagénaire boit un verre de vin rouge. Il écoute, il regarde, il est seul. En face de moi, quatre vieux et deux ados mangent des frites en buvant de la grenadine et de la menthe à l’eau. Il y a des familles mais aussi des hommes seuls. L’alcool est une compagne. Il fait toujours aussi chaud.
Ils ont recommandés des frites en face. Ils se gavent, ils parlent vulgairement, de football aussi. Mais ils ne sont pas méchants et j’ai malgré tout envie de les connaître. Suis-je condamné à aimer ?

Je m’en vais pour Vézelay demain. Je vais retrouver la solitude du chemin et j’en suis heureux. Je cherche quelque chose sans vraiment savoir quoi. J’aime, c’est mystérieux.
Il y a des enfants et je pense à mes filles, à ces moments partagés quand elles étaient si petites.

Troisième grosse assiette de frites en face, c’est insupportable. Ils aiment les frites les beaufs.

Réveil à 5:00 demain, il faut que j’évite les grosses chaleurs. Il va me soigner le chemin, du moins je l’espère.

J’ai bu et j’ai mangé, jusqu’à plus soif et plus faim. J’ai donné une réponse par mes actes à mes bas instincts d’animal. Et j’ai repris le chemin vers le camping municipal, la douce fraîcheur du soir se faisant compagne. Un peu ivre, le retour vers ma tente sonne comme une délivrance. Repus, je vais enfin dormir. Je suis un beauf…

Demain, réveil à 5:00…

Mardi 10 juillet 2018

22.4 km, 08:52:54

Un réveil très matinal, à 5:00 précisément. J’aime car le monde dort encore. J’ai le temps de prendre sans précipitation mon petit déjeuner. Je quitte le camping vers 6:30. La fraîcheur matinale est un véritable délice.
Je rejoins mon itinéraire qui passe pas le hameau « Les Petites Châtelaines ».

Il est 7:12, j’ai à peine marché un kilomètre et je savoure le lever du soleil. J’arrive bientôt au hameau « Les Petites Châtelaines ». Sur ma gauche un champ de blé attire mon attention. Avec la lumière du soleil levant, le spectacle est de toute beauté. Ce blé baignant dans cette lumière me reflète une image sensuelle, j’ai presque envie de l’embrasser, sensation étrange. Je suis déjà dans la plénitude du chemin, je me sens rassuré. Hier encore j’étais stressé mais c’est déjà fini, je me délecte de ce départ matinal.

Vers 12:00, je m'accoude dans un bar à St Père afin de déguster une bonne assiette de charcuterie, accompagnée d’une bière fraîche évidemment. Je me remet en route et j’arrive vers 15:00 au centre Sainte Madeleine. Ce dernier accueille les pèlerins à partir de 16:00.

Je m’attable en terrasse du café mitoyen au centre et j’en profite pour écrire quelques cartes postales. C'est toujours un moment important que celui des cartes postales. Ce n'est pas grand chose, mais c'est une action importante que celle de donner de son temps à la personne qui recevra votre carte. Encore plus de nos jours ou le numérique nous à coupé de ces actes gratuits de générosité et d'amour. Choisissez une jolie carte postale pour la personne de votre choix, rédigez-la avec beaucoup d'attention, ajoutez un peu de délicatesse et la magie opérera. Recommencez l'opération jusqu'à satiété.

Pour décrire succinctement le Centre Sainte-Madeleine, il participe depuis le moyen-âge à l’accueil des pèlerins et des visiteurs sur la colline de Vézelay, elle-même sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle.

Au Moyen-Âge, les pèlerins logeaient dans les “hôtelleries”, et quand l’affluence était grande, dans les immenses caves voûtées creusées sous la ville. Depuis la fondation de l’abbaye, le Centre Sainte-Madeleine, contribue sous des formes variables à l’accueil des pèlerins et voyageurs.

En 1844 les sœurs de la Providence y fondèrent une école. Pendant l’occupation, la communauté religieuse dirigée par Mlle Arnol accueillit de nombreux enfants juifs, et les cacha entre 1942 et 1944. Marie Arnol (sœur Léocadie) a été reconnue “Juste parmi les Nations” par l’état d’Israël, pour avoir aidé, à ses risques, des juifs pourchassés pendant l’occupation. L’école cessa définitivement de fonctionner en 1957.

Depuis les années 70, le Centre était géré et animé par les Franciscaines Missionnaires de Marie. En 2015, il a été confié aux Fraternités Monastiques de Jérusalem pour y poursuivre sa mission d’accueil.

L’accueil au centre Sainte Madeleine est très chaleureux, les dortoirs sont simples mais fonctionnels, il y règne une très bonne ambiance.

Le soir arrivé, je me rend au relais du Morvan pour me restaurer mais également pour y suivre le match de demi finale de la coupe du monde France Belgique. Soirée simplement inoubliable. Il y a beaucoup de monde, dont pas mal de belges. La bière coule à flot, l’émotion est intense. Encore un moment inoubliable.

Mercredi 11 juillet 2018

24 km, 09:23:10

Après une bonne nuit de sommeil, je me rend dans la salle commune pour prendre mon petit déjeuner et je fais la connaissance d’un couple de retraités très sympathiques. Ils font régulièrement des treks dans l’Himalaya et se proposent de me mettre en relation avec un ami guide Népalais, Pasang Lama. Il saura me guider pour mes premières expériences dans cette région du monde. Je les recontacterai dès mon retour chez moi.

Je me met alors de nouveau en route et je sympathise rapidement avec Charles Xavier que je croise sur le chemin, un Scout d’Europe en pèlerinage. Début d’une amitié du chemin, Louis un autre pèlerin nous rejoint au niveau de Foissy. Et l’alchimie opère, nous devenons rapidement très proches.

Nous traversons bientôt la Cure par un lieu emplit de charme.

Enjambant la Cure, affluent de l’Yonne, deux ponts l’un contre l’autre font la fierté de l’adorable village de Pierre-Perthuis, en Bourgogne.

Le plus vieux des deux, le plus petit aussi, s’appelle Ternos, connu pour avoir servi de décor à la Grande Vadrouille. Il date de 1770 mais ses fondations seraient beaucoup plus anciennes, peut-être d’époque romaine. L’autre, bien plus grand, le surplombe. Construit dans les années 1870, il offre, du haut de ses trente-cinq mètres, une vue magique sur la vallée. C’est de là-haut qu’il faut se remémorer cette légende qu’on se racontait encore il y a quelques décennies dans les veillées morvandelles.

Jadis, quand Pierre-Perthuis était une importante place forte de l’Avallonnais, sonnait ici l’une des plus belles et des plus puissantes cloches du Moyen Age… Mais une crue de la Cure provoqua un jour un affaissement de la colline sur laquelle se trouvaient l’église et une partie du bourg. Ce gigantesque glissement de terrain serait à l’origine du vertigineux défilé que l’on observe de nos jours et dont les parois sont justement reliées par le plus haut des deux ponts. Surtout, l’incident provoqua la disparition de la fameuse cloche, tombée dans les profondeurs de la rivière.

Depuis ce temps, et malgré de multiples tentatives, elle reste introuvable, perdue dans un abîme que l’on nomme le trou de Ternos. Ce toponyme dériverait de la racine gauloise turno, signifiant «hauteur», terme que l’on retrouve dans le nom de diverses communes françaises dont le point commun est d’occuper des sommités. Autrement dit, les hauteurs de Pierre-Perthuis sont au fond du trou ! Les jours de fête, au bord de cette Cure où les locaux aiment venir pique-niquer, certains prétendent qu’on l’entend tinter au fond de l’eau. Du pont supérieur on peut aussi découvrir une autre curiosité : la Roche percée, arche naturelle de quinze mètres de haut qui aurait donné son nom au village. Quelques légendes y sont aussi accrochées, mais c’est une autre histoire…

Nous poursuivrons notre chemin et décidons de notre pause déjeuner en altitude près de la statue de Notre Dame de la Lumière. Un véritable festin! Pain, fromage et saucisson avec un magnifique panorama, que rêver de plus ? De rares moments emplis de simplicité dans la vie ou l'on souhaiterait que le temps s'arrêtent, car rien d'autre n'a d'importance, on est juste bien entre amis, que dis-je, entre frères...

Nous décidons alors d’un bivouac ensemble au Réservoir du Crescent ou nous nous baignerons et dormirons à la belle étoile. Le lendemain, Charles Xavier prendra la direction de Flavigny, quand à Louis et moi, nous suivrons encore une portion de chemin ensemble.

Nous arrivons au bord d’une plage du Crescent où nous décidons d'établir notre bivouac. Avant toute chose, la baignade s’impose. L’eau est à bonne température, pas trop froide, juste assez rafraîchissante pour nos corps en surchauffe après une journée de marche sous un soleil de plomb. Je nage avec grand bonheur, et une sensation de liberté. Je fais ensuite ma petite lessive quotidienne et nous préparons le repas. Nous partageons un cassoulet.

Une soirée extraordinaire, un bivouac inoubliable au bord du Réservoir du Crescent.

Le veille, nous ne nous connaissions ni d’Eve ni d’Adam et nous sommes devenus de très bons amis après quelques heures passées ensemble.

La nuit à la belle étoile était certes un peu fraîche mais j’ai dormis merveilleusement bien. Et puis cette nuit étoilée avec ses étoiles filantes… N’est-il pas merveilleux d’ouvrir les yeux en pleine nuit et d’admirer la voie lactée ?

Jeudi 12 juillet 2018

22.6 km, 10:04:38

Réveil à 6:00 pour un petit déjeuner en famille. Au menu, café, jus d’orange et riz. Somptueux…

Viens le moment du départ, Louis et moi empruntons la même direction alors que Charlix se dirige vers un monastère pour une courte retraite. C’est émouvant, nous nous reverrons, il habite Paris.

Louis quand à lui se dirige vers Assise, il suit donc le GR13 en direction du Sud.

Louis marche de manière bien plus raisonnable qu’hier. En effet, Charlix et mois avion du mal à le suivre en montée tant son allure était rapide. Mais son dynamisme disparut aussi rapidement qu’il avait fait surface, les derniers kilomètres furent une torture pour lui.

Pause repas à Marigny l’Église en compagnie d’Hadrien, un pèlerin Québecois sur le chemin d’Assise. Un autre moment partagé très agréable.

Nous réalisons quelques achats de nourriture et reprenons le chemin, il est déjà 13:30.

Arrivés à la Chaume aux Renards, nos chemins se séparent, le GR Pays bifurquant vers l’Ouest en direction du réservoir de Chaumeçon.
Je me retrouve seul et même si j’ai savouré ce moment de fraternité, je dois avouer que cet instant m’est agréable, un peu comme tourner la page d'un livre et commencer un nouveau chapitre.

Le souvenir de l’histoire partagée sera toujours là, et si jamais ma mémoire me fait défaut, je ressortirai mon carnet de route.

Arrivé au bord du réservoir, je trouve un emplacement sur la rive Est au lieu dit de Vausseyrois.

Je me déshabille et me jette à l’eau immédiatement, j’avais un urgent besoin de fraîcheur. Je nage longtemps en savourant la température de l’eau et le calme du lieu. Ma pensée se tourne un court instant vers toutes ces personnes pour qui la baignade est synonyme d’une piscine pleine de chlore enfermée dans une bulle au milieu d’un village Center Parc. Ou comment vendre la nature avec une illusion de sécurité.

Mon étape sera moins longue demain, je vais rejoindre Ouroux-en-Morvan pour une nuit en camping. Il y a le nécessaire pour faire le plein de provisions et je vais pouvoir me reposer, j’en ai besoin, j’arrive dans le Sud Morvan.

Vendredi 13 juillet 2018

22.2 km, 09:27:27

Une journée très enrichissante mais mon corps ressent la fatigue. Il est 20:15 au moment ou je commence à rédiger ces quelques lignes et je suis en terrasse d’un restaurant à Ouroux-en-Morvan. Je sirote une pression en attendant un hamburger. Le patron du restaurant, un hollandais est débordé. Il y a beaucoup de clients, des hollandais en vacances mais aussi les personnes venues pour le festival du film court.

Mon dos me fait mal, je suis vraiment fatigué.

Pour résumer ma journée, départ vers 08:15 du Réservoir de Chaumeçon. Je rejoins le GR Pays qui fait trace commune avec le chemin d’Assise. Je passe au nord du hameau de Bonnetré, le sentier prend un peu d’altitude. Je poursuis alors vers le lieu-dit les Gueutottes d’où le sentier oblique direction plein nord. Avant d’arriver à Brassy, je me délecte du panorama sur le hameau de Bonnetré. L’envie de boire un café se fait sentir.

Bonheur d’arriver à Brassy, de renouer avec les images de mon passé, je vais boire un café en terrasse du restaurant de  l’hôtel du Nord. Philippe Briard est toujours le chef du restaurant, il n’était pas présent, avec regret je n’ai pu le saluer.

L’église de Brassy a été restaurée , elle est splendide. Un habitant me disait que la restauration de l’église avait eu lieu grâce à la détermination d’un habitant. La poste est toujours là, il y a même un autre bar, une épicerie. On sent comme un vent de résistance face à la folie du monde, ça donne un peu d’espoir. En fait, s’il n’y avait pas ce problème d’écoles qui ferment, de manque de médecins… La campagne s’est vidée, et c’est bien triste. La vie est forcément bien plus agréable ici que dans une cité dortoir. Mais le manque de travail pousse à l'exode, les jeunes s'en vont...

A 11:30 et 537 m d’altitude, j’ai quitté Brassy et je rentre dans le bois Gautron. Je continue l’itinéraire, ça se passe bien et je n’éprouve pas de fatigue. Au regard de l’heure, je pense encore marcher un petit moment, peu importe, dès que je trouverai un lieu agréable je m’installerai pour prendre mon repas. J’ai un pot de terrine et deux tranches de pain complet, avec un thé, ce sera un festin.

Samedi 14 juillet 2018

28.2 km, 10:52:14

Départ à 9:00 précise du camping « Les Genéts », je me dirige vers le centre ville de Ouroux-en-Morvan afin d’y boire un café. Il est déjà tard mais j’ai envie de prendre mon temps et j’ai bien raison. Je suis fatigué de ma journée d’hier.

J’ai du revoir l’ensemble de mon itinéraire, ce à cause d’une obligation familiale.

J’ai décidé de me rendre à Moux-en-Morvan en passant par le lac des Settons. J’élimine les étapes du Morvan Sud que j’avais cependant déjà réalisé l’année dernière. C’est un peu dommage, je souhaitais faire la grande boucle mais il y a des choses bien plus importantes dans la vie. Et puis, ce sera une bonne raison de revenir d’ici quelques temps.

Une chose amusante est le regard des gens qui vous voient passer avec un énorme sac à dos. Il est facile d’y reconnaître le voyageur, de par ses attributs : sac à dos, carte, appareil photo et bâtons de marche. Ils sont sidérés par ce personnage qui passe devant eux, comme si le simple fait de marcher était un exploit.

Mais que pensent-ils exactement ?

« Est-ce une personne exceptionnelle car il réalise quelque chose que je n’ose moi même réaliser ? »

ou encore

« Je ne peux pas le faire »

C’est une question bien étrange. Pour exemple, cette personne en terrasse d’un café alors que je sortais de la boulangerie me regarde et me dis : « Bonne journée » avec un grand sourire. Il y a nombre de passants mais c’est au voyageur qu’il s’adresse.

Le voyageur symbolise un acte de courage, alors qu’il n’y a aucune raison. Point besoin d’être courageux pour marcher. Ou bien est-ce le fait de me voir seul ? Peut-être. A Savault, une dame me questionnait : « Vous n’avez pas peur d’être seul ? Si quelque chose vous arrive ? ».

Ce à quoi je lui ai répondu qu’il était bien plus dangereux de rester dans son canapé toute la journée à regarder la télé. De surcroît, j’ai bien plus peur dans le métro parisien que lorsque je me trouve sur un chemin en pleine nature !

Pour le voyageur itinérant, on ne parle que de plaisir avec cette conscience d’être libre. On vit la nature telle qu’elle est, aussi douce que violente et on accepte.

Point besoin d’être une personne exceptionnelle, ou une personne forte. C’est simplement une question d’entraînement mais aussi d’organisation. La chose importante à respecter, c’est d’être humble face à la nature. Si vous ne l’êtes pas, elle n’oubliera pas de vous le rappeler.

10:53 et j’arrive au niveau de la gare de Coeuzon. Cette gare symbolise la porte d’entrée du maquis Bernard durant la fin de la seconde guerre mondiale. Elle était gardée en permanence reliée par téléphone au poste de commandement. Elle représentait le poste de sécurité et de filtrage. Sa cave servait de prison. Il n’a pas du se passer que de belles choses en ces lieux.

En continuant sur le GR Pays, j’arrive au cimetière du maquis Bernard. Au cours de l’été 1944, le Morvan occupe un rôle stratégique dans la libération du territoire, et devient un des hauts lieu de la résistance française. Les maquis organisés et armés sont alors soutenus dans certains secteurs par les SAS, des forces spéciales britanniques parachutées sur le Morvan.

Au cours de ces combats, hommes et femmes, français et étrangers engagés dans cette lutte contre le nazisme et le gouvernement de Vichy doivent faire face à la mort. Le maquis Bernard, installé dans cette forêt, édifie ce cimetière militaire afin d’y recevoir les corps des combattants victimes de combats de la libération.

Ce cimetière se trouve au même emplacement depuis le premier mort du maquis Bernard, Jacques Chataigneau, tué lors de l’attaque de la verrerie à Montsauche, le 24 juin 1944.

Des anglais ont été inhumés le 11 août 1944, sept aviateurs de la RAF. Et puis, côté français, toujours en 1944, vingt et un résistants.
Le lieu force au recueillement. Il est ombragé, très bien entretenu, on ne peut qu’éprouver du respect face à toutes ces tombes.

Je me recueille un instant, puis je repars. La liaison du GR Pays entre Ouroux et Moux-en-Morvan passe alors par le bois de la Vente sur la droite et l’Étang de la Passée. Il longe ensuite le bois de Falard pour enfin sortir de la forêt et rejoindre le hameau de la Verrerie.

Le sentier continue en longeant parallèlement la Cure située plus au nord. Il traverse enfin le hameau de l’Huis Gaumont et j’arrive ensuite au lac des Settons. C’est un lieu que je n’affectionne guère, trop touristique à mon goût, il ne possède plus aucun caractère sauvage. Jet-Skis, bateaux à moteur et pédalos ont transformés l’ambiance sonore du lieu. La seule touche d’exotisme reste les touristes obèses en maillot de bain qui rappellent les éléphants de mer migrants vers le nord jusqu’en Alaska afin de s’y reproduire.

Je ne sais toujours pas où je vais dormir, si c’est dans un camping ou gîte communal, les mairies ne répondent pas ce qui est logique pour un samedi.

Je m’installe sur une petite plage pour manger et prendre un peu de fraîcheur, il fait vraiment très chaud.

Je n’ai pas envie de passer la nuit aux Settons car cela ne colle pas avec mes étapes initialement prévues. Et de surcroît, je n’apprécie vraiment pas ce lieu.

N’ayant aucune solution pour passer une nuit agréable, je reprend donc le chemin. Il n’est que 14:15. Peut-être vais-je dormir au Saut du Gouloux, mais si je possède encore un peu d’énergie, je pousserai jusqu’au camping municipal de St Brisson.

Je remonte donc le lac des Settons sur sa rive Ouest en suivant le GR 13.

Le sentier retrouve le couvert de la forêt et prend un peu d’altitude. Au sud du Bois Robert, le sentier bifurque vers l’ouest et serpente ensuite à travers près jusqu’à Gouloux.

C’est à Gouloux que je fais la connaissance d’une charmante dame, jeune retraitée. Elle revient souvent à Gouloux dans la maison familiale. Elle est très attachée au Morvan et à ses somptueux paysages. Mais elle est également indignée du monde d’aujourd’hui et de sa folie. Nous discutons et nous nous comprenons.

Je n’ai pas envie de me laisser emporter pas le « c’était mieux avant », j’essaye de rester objectif tant que possible mais malheureusement, la réalité des actes destructeurs de notre société moderne est indéniable. Alors certes, nombreux sont ceux qui prennent conscience et deviennent alors acteurs du changement qu’il nous faut opérer mais ils sont si peu nombreux qu’on a du mal à croire que c’est chose possible. Je souffre chaque jour de voir notre monde mourir et je ressent un tel sentiment d’impuissance.

Une amie qui travaille dans le milieu de l'environnement m’exprimait un jour lors d’une discussion son pessimisme complet. À coup de « il est déjà trop tard, nous ne pourrons faire marche arrière » et jusqu’à me dire qu’elle n’aurait probablement pas d’enfants, que l’avenir est bien trop sombre, peu porteur d'espoir. Alors pour oublier le sombre dessin de l’avenir qui l’attend, elle consomme la vie à grands coups de loisirs, de fêtes et de voyages.

J’ai beaucoup de respect pour mon prochain, chacun fait ce qu’il veut et peut selon sa personnalité mais aussi son vécu. Loin de moi donc l’idée de porter un jugement. Mais comment baisser les bras lorsqu’on a la chance de posséder cette précieuse existence terrestre ? D’autant plus si l’on est né dans le bon hémisphère dans un pays riche comme la France. Est-ce un manque de courage face à l’énorme tâche qui se présente à nous ? Est-ce lié à une perte d’empathie vis-à-vis des êtres qui nous entourent car la possession de biens ainsi que le concept de propriété nous ont rendus individualistes ? Probablement, mais du mal surgit souvent le bien et force est de constater qu’une conscience émerge. Certes, nous n’en sortirons pas indemnes et le monde ne sera jamais plus celui de notre enfance. Mais il faut continuer à protéger ce que l’on aime et ne jamais adopter une attitude défaitiste face à l’immensité du problème.

La charmante dame me propose de poser ma tente dans le prés en face de sa maison et m’offre également la possibilité de faire un brin de toilette. Je trouve chaque fois admirables ces élans de générosité.

Je décline l’invitation poliment, il est encore tôt, je souhaite maintenant rejoindre Saint-Brisson Je fais chaleureusement mes au-revoir et reprend mon chemin. Pour rejoindre Saint-Brisson, je quitte le GR pour suivre un sentier plein sud à travers bois. Je m’émerveille sur le somptueux paysage que m’offre le bois de la Faye.

J’arrive enfin au camping « Les Sauts » et à peine poser mon sac que la responsable du camping se présente à moi. Je règle pour la nuit et récupère un jeton pour une douche plus que nécessaire. Arrive alors Priscillia, une cheftaine Scouts et Guides de France qui est venue avec son amie Anaïs installer le camp avant l’arrivée des jeunes le lendemain. L’été chez les scouts, c’est la période des camps.

Après l’installation de la tente et une bonne douche, Priscillia me propose d’aller boire une bière et de manger un morceau à Saulieu, ce que j’accepte sans condition. Encore une soirée très agréable avec cette spontanéité dans les échanges comme si nous nous connaissions depuis très longtemps. Je pense que cette légèreté dans les échanges est lié au fait que l’on ne se connaît pas, que l’on ne se reverra probablement pas et que l’on attend donc rien de l’autre. On passe un bon moment ensemble, et rien d’autre.

Dimanche 15 juillet 2018

18.5 km, 06:17:06

Je me réveille tôt, encore une belle étape à réaliser aujourd’hui. Je continue ma remontée vers le nord, j’envisage de passer la nuit chez des moines bénédictins à l’Abbaye de la Pierre-qui-Vire.

Je fais une petite lessive avant de partir et je vais ensuite au bistro de la maison du parc pour y boire un café. Quelques minutes après m’être installé en terrasse , Priscillia et Anaïs arrivent. Nous passons encore un bon moment ensemble mais après cela, il faut reprendre le chemin et renouer avec la solitude.

J’ai eu l’Abbaye de la Pierre-qui-Vire au téléphone et ils m’attendent. Mais il serait préférable que j’arrive avant 17:30.

Il fait particulièrement chaud aujourd’hui et la météo annonce des orages. En bon français, je dirais simplement que c’est la vie… Cela fait partie du voyage. Pour la chaleur fort heureusement, je constate en lisant la carte que ma marche se fera souvent sous de longues portions de couvert forestier.

Je rejoins le GR Pays Tour du Morvan qui traverse une partie de la forêt domaniale de Breuil-Chenue jusqu’au lac de St Agnan. Au bord du lac, je fais une courte pause pour déjeuner, j’ai du pain et un superbe saucisson. Une tasse de thé noir et l’affaire est réglée.

Je m’enfonce à nouveau dans la forêt, et ce avec plaisir au regard de la très forte chaleur. Le chemin serpente entre le bois des Champs d’Arfand et le Bois des Roubeaux en longeant le cours d’eau le Trinquelin dans une ambiance féerique, comme une invitation à la méditation. Je ressent de la sérénité et j’inspire profondément l’odeur su sous-bois. Le bruit de la rivière m’apaise d’autant plus.

Peu avant mon arrivée à l’Abbaye de la Pierre-qui-Vire, il se met à légèrement pleuvoir. Je n’aurais pas à subir une violente pluie d’orage.

Un moine bénédictin m’accueille très gentiment et me conduit dans ma chambre. C’est propre, très simple, c’est un lieu de retraite. Je prend une douche, fait ma lessive quotidienne et déjà il est l’heure de suivre le match de finale de la coupe du monde France-Croatie. C’est la victoire.

Il est l’heure du repas que je prend rapidement, les moines ne parlent pas certes, mais ils n’ont pas non plus une expression joyeuse sur le visage. Après le repas, je vais marcher un peu autour de l’abbaye en profitant de la fraîcheur du soir. L’ambiance du lieu ne me plaît pas. Loin de moi de porter un jugement mais je préfère l’ambiance des monastères bouddhistes tibétains. Demain, je partirai très tôt.

Lundi 16 juillet 2018

28.5 km, 10:40:04

Départ de l’abbaye vers 6:45. L'ai est frais, c’est très agréable. Je suis très heureux de partir au regard de l’ambiance du monastère qui ne me convient pas. Le lieu cependant est remarquable. J’entends bien que pour la vie monacale on doit vivre pauvrement. Mais par contre, je n’y ai vu de joie. Et c’est probablement ce qui manque à la religion catholique actuelle. Dieu a-t-il dit qu’il fallait vivre dans la tristesse ? J’espère réaliser d’autres expériences plus positives dans le futur afin de contredire mes propos actuels.

Pour en revenir à la victoire de la France en coupe du monde, j’en suis très heureux. Mais j’aimerais tant que l’homme se mobilise tout autant pour des sujets plus importants comme la pauvreté, les migrants ou encore la protection de l’environnement.

Je passe à côté du Dolmen de la Pierre qui Vire. Ce mystérieux bloc de Mégalithes, isolé dans cette immense forêt du Morvan, a inspiré bien des légendes.

Cette fameuse pierre est composée d’un énorme bloc de pierre posée sur un rocher long de 3 Mètres et large de 2 mètres. Elle a longtemps été considérée comme un Dolmen, la tradition populaire rapporte que les Gaulois se rassemblaient autour d’elle pour effectuer des rituels, déposaient des offrandes, effectuaient des prières consacrées à leurs divinités, et assistaient à des sacrifices d’animaux et plus rarement d’humains diriger par des druides. Ce décor a été décrit dans un ouvrage en 1876, une époque ou l’on traversait l’idéologie de la Celtomanie (qui consistait à attribué des lieux fréquenté par les gaulois).  En 1801, une croyance superstitieuse expliquait qu’il était possible de la faire tourner d’une simple pression.

Ces récits fantastiques ne s’arrêtent pas là, à la fin du 19ième siècle, il se racontait lors de veillée à Saint-Germain-Des-Champs ” Chaque nuit de Noël, les fées venaient danser en rondes infernales autour de la pierre qui vire, alors que le diable, lui, trônait au sommet de la pierre, quand le clocher annonça minuit, la pierre se mit à virer, jusqu’à basculer pour donner l’accès a une crypte qui cachait de fabuleux trésors.”

Une villageoise décide de se rendre à la pierre à minuit à la belle nuit de noël au lieu d’assister a la messe, elle emmène son bébé, le couvercle s’ouvre comme prévu, elle se sert bien volontiers de diamant, de rubis, de topaze et d’or, et oublie le temps qui passe, quand la pierre commence à se refermer, elle s’échappe de justesse, oubliant son bébé à l’intérieur. Son mari furieux décide de jeter l’or maudit dans du fumier. La villageoise, attend une année, dans la plus grande tristesse, remplie de remord, attend le moment précis pour retourner sous la pierre et récupérer son bébé. Quand la pierre se met à bouger, elle découvre un ange, qui lui passe un sermon : Sache désormais te défendre des tentations que le diable sème sur la route des âmes pour les mieux entraîner à leur perte. L’ange se met alors à graver une croix sur le bloc de pierre, il interdit désormais à la pierre de virer, quand il disparaît, la terre se met à trembler à des kilomètres à la ronde. Le plus étonnant, la chapelle de Vaumarin, celle qui sonnait les douze coups de minuits, à complètement disparue sans laisser de traces.” C’est ce miracle qui a fait qu’on lui a donné le nom de Pierre-Qui-Vire.

Même si ce ne sont que des légendes, il a été confirmé qu’avant 1853, la pierre bougeait au moindre choc. Il n’est pas possible non plus de prouver l’existence de la fréquentation des lieux par les celtes, trop peu d’objets ont été retrouvé pour le confirmer. On retrouve également plusieurs récits qui décrivent des scènes de Sabbats; comment prouver que cela à exister ou non ?

Même si ce ne sont que des légendes, il a été confirmé qu’avant 1853, la pierre bougeait au moindre choc. Il n’est pas possible non plus de prouver l’existence de la fréquentation des lieux par les celtes, trop peu d’objets ont été retrouvé pour le confirmer. On retrouve également plusieurs récits qui décrivent des scènes de Sabbats; comment prouver que cela à exister ou non ?

Je me dirige donc vers Avallon pour terminer ma boucle. Je traverse une petite portion de la forêt de St-Léger et j’arrive ensuite au village de St-Léger-Vauban. J’y découvre un bar tabac hors du temps encore ouvert. Il semble qu’on n’y vende plus de cigarettes depuis bien longtemps. Sur une étagère derrière les bar sont alignées quatre bouteilles de sirop et une bouteille de Ricard. La tenancière, une très vieille dame vient prendre ma commande en robe de chambre, un morceau de beurre sur la lèvre inférieure, elles mangeait des tartines. Je commande un grand crème qu’elle vient me servir après l’avoir préparer dans sa cuisine. Le temps s’est arrêté ici, elle n’a plus grand-chose à attendre, à part peut-être la maladie. Elle est gentille, je l’aime bien et nous discutons de notre époque qui devient folle et de l’âme du Morvan qui s’éloigne à jamais. J’en deviens nostalgique, et pourtant je ne suis pas du pays.

Je reprend la route en suivant le GR Pays de l’Avallonais qui bifurque vers l’ouest pour remonter ensuite vers le nord jusqu’à Avallon. Avant l’arrivée à cette dernière étape, je traverse le Bois de Courtois. Il fait chaud, j’en ai marre et je suis heureux d’arriver au camping municipal. Je m’y installe, prend une douche et me dirige alors vers le vieux quartier d’Avallon pour retrouver le même bar-restaurant que lundi dernier. Bière fraîche et assiette Morvandelle sont au rendez-vous. La serveuse est toujours là, les beaufs qui aiment les frites également. Je savoure l’instant, heureux de ma courte itinérance. Il s’est passé plein de choses et je suis heureux d’avoir figé ces moments par le texte de mon carnet et mes pellicules argentiques.

Je retourne demain dans ma Picardie, je suis heureux de retrouver mes proches.

Je me questionne sur le pourquoi du comment j’éprouve le besoin de transmettre cette insignifiante itinérance. Peut-être est-ce simplement mon égo qui s’exprime, ou encore la peur de l’oubli. Je n’ai pas vraiment de réponse mais si je devais en donner une qui me semble la plus proche de la vérité, elle serait le partage et l’amour de mon prochain. L’itinérance vous emmène dans une démarche spirituelle. Les rencontres y sont plus authentiques car sans enjeux. Mon témoignage n’est donc autre qu’une encouragement à voyager et à fraterniser. Partir léger et sans artifices à la rencontre de l’autre, à la manière des peuples nomades.

Mardi 17 juillet 2018

Je suis en terrasse face à la gare d’Avallon. Je savoure un grand crème avec Tibo, un jeune homme qui était en retraite durant quelques jours à l’abbaye de la Pierre-qui-Vire. Il est visiblement très croyant et j’admire son engagement dans sa foie.

Je monte enfin dans le train qui signe la fin du récit. J’espère revenir bientôt et faire l’ensemble de la grande boucle du Morvan. Et si possible hors saison touristique.

J’ai découvert le Morvan un mois d’août 1990, j’en suis tombé amoureux et lui suis resté fidèle. J’y retournerai...

Greg

Écrit par : Greg

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Lucile
Un délicieux récit qui nous transporte directement à tes côtés, dans le Morvan. On vit les rencontres, les moments difficiles, les moments d'émerveill ement et de plénitude comme si on y était.
Merci de nous faire vivre ces moments, et vivement la prochaine aventure !

Lucile

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Greg
Merci Lucile pour ce gentil commentaire. La prochaine aventure, peut-être avec toi ? En octobre ?

Greg

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Sandra Amani
commentaire
Une amoureuse du Morvan comme je le suis ne peut qu'apprécier les "itinérances" de Grégory ! Un très joli voyage poétique au coeur de notre belle région, un texte riche en émotion, de belles photos et une chronique très détaillée du périple font que cet article donne envie de découvrir ou de redécouvrir les lieux évoqués. Bravo Grégory et au plaisir de te connaître !

Sandra AMANI, auteur de Contes et légendes du Morvan.

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Merci Sandra pour ce sympathique commentaire. A quand la sortie du tome 3 ? Et la réédition du tome 1 ?
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Casibon
Rando Morvan
Bonjour Greg,
Je decouvre avec étonnemen t que tu viens juste de faire un trek dans le Morvan, jaurais aimé te voir et t'accueillir......c'est dommage, ce sera sans doute pour une autre fois. Transmets mes amitiés à ta femme et à tes filles.
Stéphane

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Greg
Casibon dit :
Bonjour Greg,
Je decouvre avec étonnemen t que tu viens juste de faire un trek dans le Morvan, jaurais aimé te voir et t'accueillir......c'est dommage, ce sera sans doute pour une autre fois. Transmets mes amitiés à ta femme et à tes filles.
Stéphane


Salut mon ami,

comme tu peux le lire dans mon récit, j'ai du écourter mon séjour. Mais j'avais prévu de te passer te voir. Ce n'est que partie remise, j' y retournai très bientôt.

Amitiés,

Greg

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